DIALOGUE SUR L'ALUMINIUM

110 ans d'histoire au Canada

L’industrie de l’aluminium est née au Canada en 1901 et connaît depuis une progression fulgurante. Son histoire est intimement liée à celle de certaines régions. Le Centre-du-Québec, le Saguenay—Lac-Saint-Jean et la Côte-Nord au Québec, ainsi que la région de Kitimat en Colombie-Britannique doivent en grande partie leur développement social et économique rapide à la construction d’alumineries

1901

Naissance de l'industrie au Québec 

Au Canada, l’industrie de l’aluminium prend naissance au Québec près des chutes de Shawinigan sur la rivière Saint-Maurice. La Pittsburgh Reduction Company, le précurseur d’Alcoa, coule son premier lingot d’aluminium au Québec le 22 octobre 1901. Production : 760 kilogrammes. Un modeste début en comparaison des 3 millions de tonnes métriques produites au Canada chaque année de nos jours, dont 2,8 millions de tonnes au Québec.

L’atout de l’électricité
La construction de l’usine de la Pittsburgh Reduction Company est réalisée en seulement sept mois. Elle fait suite à la signature, le 14 août 1899, d’un contrat de fourniture d’électricité avec la Shawinigan Water & Power Company. Le procédé d’électrolyse utilisé pour la fabrication de l’aluminium demande beaucoup d’électricité. Ceci explique la concentration de cette industrie au Québec, avec ses nombreux cours d’eau.

À cette époque, la production québécoise de lingots d’aluminium est principalement destinée aux marchés britannique et japonais. La Pittsburgh Reduction Company fabrique également des conducteurs d’aluminium destinés au transport de l’électricité vers Montréal.

En 1902, la Pittsburgh Reduction Company devient, au Canada, la Northern Aluminum Company. En 1913, elle ouvre à Toronto, en Ontario, une usine de production d’ustensiles de cuisine et une fonderie. Quelques années plus tard, cette usine met en exploitation un laminoir.

Au cours de la première guerre mondiale, l’industrie de l’aluminium connaît un essor prodigieux. De 1914 à 1918, la production mondiale passe de 69 000 à 131 000 tonnes métriques, soit près du double.

1925

Création du plus grand complexe d'aluminium au monde

En 1925, deux entrepreneurs, Arthur Vining Davis et James Buchanan Duke, concluent un accord historique. James Duke, associé avec un certain William Price dans l’exploitation d’une centrale hydroélectrique, fusionne ses droits encore inexploités en aval de la rivière Saguenay, au Québec, avec ceux de la Northern Aluminum Company. De son côté, Arthur Vining Davis s'engage à acheter de James Duke l'électricité nécessaire au fonctionnement de l’usine d'aluminium qu’il projette de construire. Ces accords jettent les bases de ce qui deviendra le plus grand complexe d'aluminium au monde.

À la suite de l’acquisition des droits d’exploitation du potentiel hydroélectrique de la rivière Saguenay, la Northern Aluminum Company entreprend, au printemps 1925, la construction de l’usine d’électrolyse Arvida dont le nom s’inspire de celui du président de l’entreprise (ARthur VIning DAvis). Le 8 juillet 1925, la Northern Aluminum Company Limited devient l’Aluminum Company of Canada.

L’Aluminum Company of Canada donne naissance à la ville d’Arvida, qui fait aujourd’hui partie de la ville de Saguenay. Elle contribue au développement rapide de toute la région du Saguenay—Lac-Saint-Jean et à la mise en place d’importantes installations portuaires et ferroviaires. En fournissant à ses employés des maisons à proximité de leur lieu de travail, des écoles pour leurs enfants, un hôpital, ainsi que la plupart des commodités nécessaires à la vie quotidienne de leurs familles, l’entreprise s’assure de disposer du bassin de main-d’œuvre dont elle a besoin.

Un an plus tard, le 27 juillet 1926, les premières cuves de l’usine Arvida commencent à produire de l'aluminium.

1925-1945

Essor de l'Aluminium Company of Canada, prédécesseur de l'Alcan

L’Aluminum Company of Canada commence alors à consolider sa présence au Québec :
  •  signature de contrats pour la construction de la centrale hydroélectrique Isle-Maligne près d’Alma et d’une autre à Shipshaw, près de Jonquière; 
  •  acquisition de La Compagnie générale de chemin de fer Roberval-Saguenay; 
  •  acquisition de la Compagnie Générale du Port de Chicoutimi, laquelle deviendra le Terminus Maritime du Saguenay en 1970.

En 1928, la Pittsburgh Reduction Company, précurseur de l’Aluminum Company of America qui fonctionne sous le nom d’Alcoa depuis 1907, se scinde en deux. Alcoa maintient ses activités en sol américain et cède ses actifs canadiens à l’Aluminum Company of Canada.

Le soutien à l’effort de guerre
La Seconde Guerre mondiale fait faire des bonds importants à l’industrie de l’aluminium. La production mondiale triple entre 1939 et 1943, passant de 687 000 à 2 200 000 tonnes métriques. L’Aluminum Company of Canada soutient l’effort de guerre du Canada et des Alliés en produisant de l’aluminium utilisé notamment par l’aviation militaire.

Elle entreprend en 1939 des travaux d’agrandissement de son usine Arvida. Sa capacité de production annuelle passe à environ 500 000 tonnes métriques en 1943. À noter que 350 000 tonnes sont produites avec l’énergie provenant de ses propres centrales hydroélectriques.

Les installations se multiplient
En 1940, l’Aluminum Company of Canada met en service des installations de laminage de tôle et d’extrusion à Kingston, en Ontario. Puis, elle met en chantier une deuxième usine d’électrolyse à Shawinigan (1941), l’usine d’électrolyse Beauharnois à Melocheville et celle de La Tuque (1942). L’année suivante, elle décide de construire l’usine Isle-Maligne à Alma.

Au cours de la même période, l’Aluminum Company of Canada termine la construction d’une deuxième centrale hydroélectrique Shipshaw, au Québec, d’une puissance installée de 896 mégawatts. Elle se dote également d’un centre de recherche à Kingston, en Ontario, qui sera agrandi à plusieurs reprises. Puis, elle lance des activités de moulage au sable à son usine d’Etobicoke, en Ontario.

1945
Fondation de l'Alcan

En mars 1944, les usines d’électrolyse du Québec atteignent le maximum de leur production des années de guerre – 1 400 tonnes métriques par jour. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la demande pour l'aluminium chute, en raison de la surproduction de guerre, mais ce recul est de courte durée.

Rapidement, la reprise s’amorce. Entre 1946 et 1952, la production mondiale triple, passant de 774 000 à 2 032 000 tonnes métriques. L’aluminium est de plus en plus utilisé à des fins civiles, notamment pour la fabrication d’avions et d’automobiles et pour de multiples usages domestiques. En 1949, Alcan met en chantier, à Arvida, un centre de recherche en vue de trouver de nouvelles utilisations de l’aluminium.

Un autre producteur s’ajoute
En 1955, un deuxième producteur d'aluminium s’installe au Québec : la Canadian British Aluminium Company, qui donnera naissance à la Société canadienne de métaux Reynolds. L’entreprise s’engage d’abord dans la transformation de l’aluminium en faisant l’acquisition d’une participation dans un laminoir de plaques d’aluminium à Cap-de-la-Madeleine. Deux ans plus tard, elle entreprend la construction d’une usine d’électrolyse à Baie-Comeau sur la Côte-Nord, au Québec.

Au cours des années 1960, Reynolds établit d’autres usines de transformation au Québec. En 1981, elle lance un important programme d’agrandissement et de modernisation de son usine de Baie-Comeau. En 1985 et en 1991, elle ajoute deux séries de cuves, ce qui porte sa capacité de production à plus de 400 000 tonnes métriques par année.

Parallèlement, Alcan poursuit sa croissance grâce à diverses acquisitions et à la construction de nouvelles installations. La croissance de la demande mondiale et l’évolution des technologies amènent l’entreprise à remplacer graduellement ses équipements pour adopter des procédés plus efficaces sur les plans énergétique et environnemental.

Entre 1977 et 1988, Alcan procède à la construction de deux nouvelles alumineries au Saguenay, l’usine Grande-Baie) et l’usine Laterrière. En 1980, Alcan inaugure une usine de deuxième fusion à Guelph, en Ontario.

1951
Première aluminerie de la Colombie-Britannique

À la fin des années 1940, le gouvernement de Colombie-Britannique souhaite développer les ressources considérables de la côte ouest de la province, en face des Îles de la Reine-Charlotte, une région alors peu peuplée. Il invite Alcan à étudier la possibilité de construire une aluminerie à l’embouchure de la rivière Kitimat, dont le potentiel hydroélectrique est élevé.

En 1951, Alcan met de l’avant un projet de 500 millions de dollars, le plus important projet de partenariat public-privé jamais vu jusqu’alors au Canada.

Le projet d’aluminerie comprend la construction de diverses installations :
  •  une usine d’électrolyse à Kitimat, qui entre en production en 1954, 
  •  une centrale hydroélectrique d’une puissance installée de 112 mégawatts à Kenamo, qui alimentera l’usine en énergie, et
  •  une ligne de transport d’électricité de 82 km entre l’usine et la centrale. 

Comme ce fut le cas au Saguenay—Lac-Saint-Jean, l’aluminerie ouvre la voie au développement économique de cette région et entraîne l’établissement d’autres grandes entreprises.

1986 à 1997
Trois nouvelles alumineries québécoises

Bécancour

Le gouvernement du Québec mise sur le potentiel hydroélectrique du Québec pour favoriser l’implantation et l’expansion de grandes entreprises. Celles-ci sont à la fois créatrices d’emplois et consommatrices d’importantes quantités d’électricité. Le gouvernement signe donc avec ces entreprises des contrats à partage de risques.

L’accès à des quantités importantes d’électricité à un coût concurrentiel et la proximité de voies navigables, facilitant l’approvisionnement en matières premières et l’exportation de produits finis, attirent de nouveaux investisseurs. Ces facteurs contribuent largement au développement d’une industrie de calibre mondial au Québec. Depuis 1901, une expertise de haut niveau s’y est développée et une main-d’œuvre aussi abondante que qualifiée y est disponible.

À partir de 1986, trois nouvelles entreprises d’aluminium s’établissent au Québec.

L’Aluminerie de Bécancour, qui appartient alors au consortium formé par Pechiney (France), la Société générale de financement du Québec (Canada) et Alumax (États-Unis), démarre en 1986. Il s’agit à l’époque du plus important investissement privé jamais réalisé au Québec.

Alouette

À l’initiative de la Société générale de financement du Québec, un consortium international est créé en 1987 en vue de construire une nouvelle aluminerie au Québec. Ce consortium regroupe alors VAW (Allemagne), Austria Metall (Autriche), Hooghovens (Pays-Bas), Kobe STEEL et Marubeni Corporation (Japon), ainsi que la Société générale de financement du Québec (Canada).

Le consortium annonce, le 1er septembre 1989, la construction de l’aluminerie Alouette à Pointe-Noire, près de Sept-Îles. La région est choisie en raison de la présence d’un port en eau profonde, d’une main-d'œuvre qualifiée et de la proximité des grands réseaux électriques.

Construite en moins de trois ans, l’aluminerie produit sa première tonne métrique d’aluminium en juin 1992. En décembre de la même année, la phase I de l’aluminerie est entièrement opérationnelle. Elle produit 215 000 tonnes métriques d’aluminium par année.

Une autre usine, l’aluminerie Lauralco, propriété d’Alumax, commence à exploiter une installation à Deschambault, près de Québec. D’une capacité de 215 000 tonnes métriques par année, elle tourne à plein régime en 1993.

Pendant ce temps, les industries qui utilisent l’aluminium comme matière première se multiplient rapidement, profitant de la croissance de l’industrie de l’aluminium de première fusion au Québec. Une large gamme de sous-traitants, de même que des équipementiers d’envergure, se développent en amont et en aval de l’industrie, véritable moteur de l’économie des régions qui l’accueillent.

Alcoa

À la fin du XXe siècle, Alcan, qui dominait la production au Québec, est rejointe par son ancêtre Alcoa, bâtisseur de la première usine au Québec.

En juillet 1998, Alcoa achète d’Alumax l’aluminerie de Deschambault de même que la part de 25 % qu’Alumax détient dans l’aluminerie de Bécancour.

Deux ans plus tard, Alcoa acquiert la Société canadienne de métaux Reynolds qui possède notamment au Canada l’aluminerie de Baie-Comeau, l’usine de tiges de Bécancour (Reybec Bécancour), les emballages alimentaires et produits de consommation de marque Reynolds de même que la part de 50 % de Reynolds dans l’aluminerie de Bécancour.

À partir de 2000, Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) est détenue par Alcoa, dans une proportion de 75 %, les 25 % restant appartenant à la société française Pechiney.

1998 à 2004
Développement et consolidation

Entre 1998 et 2001, le Saguenay—Lac-Saint-Jean accueille le plus vaste chantier de l'Amérique du Nord. Alcan construit une aluminerie d’une capacité de production annuelle de 400 000 tonnes métriques à Alma, au coût de 3 milliards de dollars.

En 2000, la fusion d'Alcan avec l’entreprise suisse Algroup permet la création d’une société plus intégrée verticalement. Alcan devient la première entreprise mondiale de produits laminés et la deuxième plus importante entreprise de production d’aluminium de première fusion.

Deux ans plus tard, Alouette commence à agrandir son usine de Sept-Îles en vue d’augmenter sa capacité de production annuelle, qui passera de 240 000 à 575 000 tonnes métriques. L'aluminerie, dont la propriété a été modifiée plusieurs fois, appartient aujourd’hui à un consortium composé de cinq entreprises :
  •  Rio Tinto Alcan (40 %), 
  •  Austria Metall (20 %), 
  •  Hydro Aluminium (20 %), 
  •  Investissement Québec (13,33 %), et 
  •  Marubeni (6,67 %).

En 2003, le gouvernement du Québec nouvellement élu annule l’entente intervenue avec le précédent gouvernement relativement à la modernisation de l’usine d’Alcoa à Baie-Comeau. Le projet de modernisation de 1,1 milliard de dollars est abandonné au début de 2004. Néanmoins, des discussions se poursuivent quant à l’octroi d’un bloc d’énergie de 175 MW et à une aide financière. En milieu d’année, le gouvernement dépose une offre à Alcoa pour la modernisation de l’usine de Baie-Comeau. Cette offre est refusée.

En 2004, Alcan devient le leader mondial de l’industrie de l’aluminium en concluant l’acquisition de Pechiney. Pechiney est le quatrième acteur mondial dans la production et la transformation de l’aluminium et le troisième dans le domaine de l’emballage. L’entreprise obtient, du même coup, la part de Pechiney dans Aluminerie de Bécancour inc.

En 2004, Alcoa annonce que c’est à Montréal que sera établi son bureau de projet pour l’aluminerie Fjaroal en Islande.

Toutefois, l’entreprise n’abandonne pas son projet de doubler la capacité de son usine à Deschambault.

Au début de 2004, Alcan annonce la fermeture de ses cuves Söderberg à l’usine de Jonquière, ce qui entraîne la réaffectation de 550 travailleurs.

En mai de la même année, Alcan annonce qu’elle scinde ses activités en créant une nouvelle entreprise spécialisée dans les produits laminés. Novelis devient ainsi la plus importante entreprise du genre dans le monde.

En juillet 2004, les employés d’Aluminerie de Bécancour inc., propriété conjointe d’Alcoa (75 %) et d’Alcan (25 %), rejettent les offres patronales et débute alors une grève qui durera cinq mois.

En 2004, les travaux d’agrandissement d’Aluminerie Alouette à Sept-Îles progressent rapidement, selon l’échéancier et dans le respect des budgets. Le chantier est un modèle d’efficacité, tant pour la planification des travaux que la gestion des relations de travail et de la santé-sécurité.

2005
Agrandissement de l'aluminerie Alouette

En janvier 2005, Aluminerie Alouette démarre sa nouvelle série de 330 cuves, ce qui fait passer sa production annuelle à 575 000 tonnes.

Quelques mois plus tard, Aluminerie Alouette annonce qu’elle expédiera la moitié de sa production annuelle par voie fluviale. « L’autoroute bleue», entre Sept-Îles et Trois-Rivières, réduit de 15 000 le nombre de voyages camions sur la route 138 chaque année.

Le 21 septembre 2005, le premier ministre du Québec procède à l’inauguration officielle de la phase II. Par sa taille, l’aluminerie devient la plus importante des Amériques et la cinquième au monde.

Au total, les travaux d’agrandissement entrepris à l’aluminerie Alouette représentent un investissement de 1,4 milliard de dollars.

2006-2007
Renforcement des acquis

Pour Alcan, l’année 2006 est marquée par la mise en branle de projets importants et par la signature de plusieurs ententes avec ses travailleurs.

En juillet, ses employés membres du syndicat des TCA ratifient à 92 % une entente à long terme assurant un climat propice à des investissements majeurs. En décembre, ses employés de l’usine Alma acceptent dans une proportion de 90 % la nouvelle convention collective se terminant en 2011. Les négociations sont en cours pour la signature de la prochaine convention collective.

En août 2006, Alcan annonce un bénéfice trimestriel record. Le même mois, Alcan dévoile le plan de modernisation de son usine d’électrolyse à Kitimat en Colombie-Britannique. Il s’agit d’un investissement de 1,8 milliard de dollars.

Le 15 décembre 2006, Alcan annonce des investissements de plus de 2 milliards de dollars en dix ans au Saguenay, qui créeront à terme 740 emplois. L’usine, dont le démarrage est prévu à l’origine en 2010, sera la première au monde à utiliser la technologie d’électrolyse AP50. Cette technologie consomme 20 % de moins d’électricité que les procédés les plus efficaces actuellement utilisés. Cette technologie exclusive est appelée à évoluer de AP50 à AP60 depuis la première annonce de ce projet.

À l’automne, Alcan lance une vaste campagne de publicité à l’échelle du pays. Son initiative est suivie peu après par celle d’Alcoa, de même nature, visant à positionner l’entreprise. Personne ne se doute encore du rôle de ces sociétés dans les bouleversements que connaîtra l’industrie de l’aluminium tant canadienne que mondiale dès le milieu de l’année 2007.

En 2007, à Kitimat, Colombie-Britannique, le projet d’agrandissement et de modernisation d’Alcan avance rondement suivant la ratification par les employés de l’usine, en mai 2007, d’une nouvelle convention collective de cinq ans. La signature de cette entente à long terme était une condition clé du projet d’investissement.

Par ailleurs, l’agrandissement de l’aluminerie d’Alcoa à Deschambault fait l’objet de négociations avec le gouvernement du Québec. Pendant ce temps, Aluminerie Alouette améliore ses performances et décroche le premier rang mondial pour l’efficacité énergétique de ses cuves d’électrolyse.

Haut de page

2007
Lutte pour le contrôle d'Alcan

En 2007, les rebondissements entourant l’offre d’achat non sollicitée déposée par Alcoa sur Alcan et, ultimement, l’achat d’Alcan par Rio Tinto retiennent l’attention des milieux économiques et politiques, au Canada et ailleurs.

Tout commence le 7 mai lorsque le président et chef de la direction d’Alcoa annonce les détails de l’offre d’achat hostile sur Alcan, une transaction évaluée à 33 milliards de dollars US (73,25 $ par action).

Selon Alcoa, il s’agit d’un mariage parfait. Alcoa s’engage à respecter intégralement les ententes et les accords conclus par Alcan avec les gouvernements et les communautés. Alcoa s’engage aussi à poursuivre les projets déjà annoncés.

Le 22 mai, le conseil d’administration d’Alcan rejette sans équivoque l’offre d’Alcoa. Du même souffle, Alcan annonce qu’elle négocie avec d’autres entreprises.

Le 24 mai, Alcoa déclare qu’après avoir étudié la réponse négative d’Alcan, rien ne l’incite à réévaluer son offre. L’offre d’Alcoa aux actionnaires d’Alcan représente un gain de 35 % par rapport à la valeur moyenne de l’action d’Alcan pendant le mois précédant l’offre.

Le 25 mai, Alcan annonce par voie de communiqué qu’elle est prête à étudier une offre améliorée de sa rivale Alcoa ou qu’elle pourrait même être tentée de renverser les rôles et d’acheter Alcoa.

Les rumeurs de négociations avec BHP Billiton, Rio Tinto CVRD et Norsk Hydro font gonfler la valeur de l’action d’Alcan qui clôture à 94,25 $ le 28 mai 2007, une appréciation de 40 % en un mois.

Le 12 juillet, Rio Tinto fait une offre recommandée sur Alcan, évaluée à 40 milliards de dollars US, soit 101,00 $ par action, entièrement en espèces. Le président du conseil d’administration d’Alcan recommande le jour même aux actionnaires d’accepter l’offre de Rio Tinto. Il ne s’agit pas d’une fusion d’égal à égal, mais bien d’une prise de contrôle par Rio Tinto sur Alcan.

Rio Tinto, un géant minier anglo-australien, connaît bien le Québec, car il est propriétaire de la Compagnie minière IOC et de QIT-Fer et Titane, maintenant Rio Tinto, Fer et Titane. Rio Tinto s’engage à respecter intégralement les accords et les ententes conclues par Alcan et à faire de Montréal le centre mondial des activités de la division métal primaire.

Le 17 juillet, Rio Tinto et Alcan confirment la vente de la division Emballages Alcan tout en précisant qu’il est possible que d’autres divisions soient vendues.

Les autorités réglementaires américaines, canadiennes et européennes approuvent la transaction. Les actionnaires de Rio Tinto approuvent l’acquisition d’Alcan de manière officielle le 28 septembre 2007. Alcan est donc intégrée à Rio Tinto pour former Rio Tinto Alcan.

Quand on croyait l’affaire terminée, un autre développement survient quelques semaines plus tard. Le 8 novembre, la minière anglo-australienne BHP Billiton déclare qu’elle a soumis une offre publique d’achat, évaluée à environ 140 milliards de dollars, à sa rivale Rio Tinto. Rio Tinto rejette l’offre, la jugeant insuffisante, mais fait volte-face le 3 décembre. Rio Tinto accepte de discuter avec BHP Billiton, la plus importante société d’exploitation minière au monde.

Le 6 février 2008, BHP Billiton dépose une offre formelle pour Rio Tinto, qui l’a aussitôt rejetée. Selon les termes de l’offre publique d’achat, BHP Billiton vise à absorber Rio Tinto par l’échange de 3,4 actions de BHP pour chaque action de Rio Tinto. Cette transaction représente un débours d’environ 170 milliards de dollars US. Cette transaction pourrait toutefois aller de l’avant si elle satisfait aux exigences d’organismes de réglementation basés en Europe, en Chine et aux États-Unis. En juillet 2008, la transaction franchit une étape importante auprès des autorités américaines en matière de fusion d’entreprises, soit la conclusion avant échéance de la période d’attente Hart-Scott-Rodino (HSR) imposée par la U.S. Department of Justice et la Federal Trade Commission. Toutefois, le 25 novembre 2008, BHP Billiton choisit de ne pas aller de l’avant avec l’offre d’achat de Rio Tinto, estimant que l’offre n’est pas dans le meilleur intérêt de ses actionnaires.

2009
Modernisations et agrandissements

L’industrie canadienne de l’aluminium ferme graduellement ses anciennes installations dotées de cuves Söderberg pour les remplacer par des usines d’électrolyse qui font appel à la technologie des cuves à anodes précuites. Le gouvernement du Québec adopte des lois sur l’environnement qui entreront en vigueur en 2015. À cette date, les installations fonctionnant à l’aide de cuves Söderberg ne seront plus conformes et devront être fermées ou modernisées. L’usine Beauharnois de Rio Tinto Alcan ferme donc en 2009. Une série de cuves Söderberg de l’usine d’électrolyse de Baie‑Comeau d’Alcoa est également mise hors service et seront remplacées par des cuves à anodes précuites. Quant à l’usine Kitimat de Rio Tinto Alcan, l’entreprise annonce en 2011 un investissement supplémentaire de 300 millions de dollars en vue de la modernisation de cette usine de Colombie-Britannique.
Par ailleurs, Rio Tinto Alcan annonce la première phase de l’usine AP60 – la plus récente génération de sa technologie de pointe AP – qui comptera 38 cuves. Prévue entrer en service en 2013, cette usine pilote aura une capacité annuelle de 60 000 tonnes métriques. La technologie AP 60 permet de produire 40 % plus d’aluminium tout en étant la technologie la plus respectueuse de l’environnement offerte sur le marché.

L'Édito du président

Dernières Nouvelles

    Événements