DIALOGUE SUR L'ALUMINIUM

Lʼaluminium et lʼénergie

L’électricité est le nerf de la guerre pour l’industrie de l’aluminium. Elle intervient à diverses phases de la production et représente environ le tiers des coûts d’exploitation d’une aluminerie. Tout projet de construction, d’agrandissement ou de modernisation d’une aluminerie dépend ainsi en grande partie de la disponibilité de grands volumes d’électricité à prix concurrentiels sur les marchés internationaux et fixés pour de longues périodes de temps.

Vous trouverez sous la rubrique Publications une brochure ayant pour titre « L’aluminium et l’électricité » qui décrit la situation au Québec.

Trois conditions de réussite liées à l'électricité

Première condition

Le prix de l’électricité doit être concurrentiel à l’échelle mondiale. Compte tenu des importants volumes requis par les alumineries, les entreprises cherchent à établir leurs usines près des sources d’électricité disponibles au meilleur prix. À cet égard, la concurrence se livre à l’échelle de la planète. En Islande, en Australie et au Moyen-Orient, par exemple, les gouvernements ont choisi de vendre aux alumineries leur électricité à des prix très bas en échange d’énormes retombées économiques. C’est donc dans ces régions du monde que la majorité des nouveaux projets d’alumineries de se concrétisent.

Deuxième condition

Des prix de l’électricité prévisibles à long terme. Compte tenu des investissements énormes, les garanties concernant l’évolution des prix du principal coût d’exploitation d’une usine doivent être fiables à long terme.

Troisième condition

La qualité de l’électricité. La livraison des volumes d’électricité qui ont fait l’objet d’ententes doit être extrêmement fiable et cette électricité doit offrir les meilleurs critères de qualité. La production d’aluminium ne peut subir de soubresauts sans entraîner des coûts considérables.

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Pour maintenir sa compétitivité, l’industrie doit avoir accès à de l’électricité à des coûts concurrentiels et prévisibles à long terme.

De grands volumes et d'importants avantages

Les dix alumineries québécoises utilisent quelque 4 600 mégawatts d’électricité, soit 14 % de toute la puissance installée d’Hydro-Québec, toutes sources confondues. Ce volume représente la puissance installée totale des centrales La Grande 2A et La Grande 3.

L’industrie produit elle-même environ la moitié de cette énergie. Rio Tinto Alcan produit en moyenne 2 000 mégawatts utilisés exclusivement dans ses alumineries, alors qu’Alcoa exploite avec la papetière Abitibi-Consolidated une centrale produisant 325 mégawatts, dont 250 mégawatts alimentent son usine de Baie-Comeau.

Il est faux de prétendre que les volumes d’électricité produits par l’industrie de l’aluminium représentent de l’électricité gratuite. Au-delà des coûts de production découlant de l’exploitation des installations et du transport de cette électricité, les alumineries paient au gouvernement du Québec des redevances statutaires et des droits d’eau évalués à 50 millions de dollars par année. À ces coûts s’ajoutent les coûts d’entretien et des obligations d’investissement dans les régions.

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L’industrie produit elle-même environ la moitié de l’énergie dont elle a besoin. Dans le cas particulier de Rio Tinto Alcan, les six centrales hydroélectriques qu’elle possède au Québec permettent de répondre à 90 % des besoins d’électricité de ses usines d’électrolyse en propriété exclusive au Québec. En Colombie-Britannique, sa centrale Kemano alimente l’usine d’électrolyse Kitimat.

L'électricité : une moitié autoproduite, l'autre moitié acheteé

À l’échelle de l’industrie, l’autre moitié de l’électricité nécessaire au fonctionnement des alumineries (2 380 mégawatts) est achetée à Hydro-Québec, ce qui fait des alumineries le plus important client de la société d’État. Toujours est-il que la vente aux alumineries de blocs importants d’électricité, à long terme, à des conditions stables contrairement aux aléas reliés aux marchés libres, contribue à faciliter à Hydro-Québec l’accès aux grands marchés de financement, à des conditions avantageuses. Hydro-Québec peut ainsi faire valoir dans ses négociations des garanties d’entrées de fonds prévisibles, fiables et à long terme.

Cela représente un atout de plus lorsque vient le temps d’obtenir du financement au meilleur coût pour les grands projets de la Société. Le fonctionnement continu des alumineries contribue en outre de façon importante à la stabilité du réseau. Cette constance évite les fluctuations du réseau d’Hydro-Québec, un facteur très recherché par les gestionnaires des réseaux auprès des grands clients industriels.

Du reste, les alumineries se sont engagées à délester temporairement une partie de leur consommation lorsque requise par Hydro-Québec. Celle-ci a besoin d’une marge de manœuvre pour répondre à la demande lors des périodes de pointe. Une souplesse consentie par les alumineries contribue à retarder l’obligation d’entretenir des centrales d’appoint ou même de devoir s’approvisionner sur les marchés extérieurs à des coûts imprévisibles.

Enfin, la livraison de blocs importants d’électricité à un même client entraîne des économies considérables quant aux coûts de distribution d’Hydro-Québec.

Les contrats à partage de risques

Les premiers contrats à partage de risques datent des années 1980. Le but visé était de favoriser l’implantation et l’expansion au Québec de grandes entreprises créatrices d’emplois et consommatrices de grandes quantités d’électricité.

Des contrats de ce type ont été conclus avec des entreprises des secteurs de la métallurgie et de la chimie au Québec. D’autres entreprises que des alumineries ont donc obtenu de tels contrats, dont l’usage est largement répandu ailleurs dans le monde.

Ces contrats sont consentis au tarif « L » d’Hydro-Québec (tarif applicable aux grandes entreprises). Dans le cas des alumineries, ils constituent une modulation de son application dans le temps. La conclusion de tels contrats a pris fin au milieu des années 1990 à cause notamment de la difficulté de prévoir, avec un degré de certitude raisonnable, l’évolution des prix et des marchés à l’échelle mondiale. Toutefois, les contrats déjà signés s’appliquent jusqu’à leur expiration.

Dans le cas des alumineries, les contrats à partage de risques ont été établis pour s’assurer qu’Hydro-Québec partage avec ces entreprises les risques liés à la fluctuation des prix de l’aluminium. En réponse à une demande de la Régie de l’énergie du Québec, Hydro-Québec Distribution déclarait ce qui suit, le 12 mars 2002 : « Le Distributeur est assuré de récupérer tous ses coûts de transport et de distribution (incluant le rendement associé aux contrats spéciaux) ».

Le maintien des tarifs d’électricité à un niveau concurrentiel représente l’un des principaux avantages comparatifs qui font partie depuis longtemps de la stratégie de développement économique du Québec. Il importe de conserver cet atout pour y attirer les investissements.

L'Édito du président

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